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jeudi 11 juillet 2013

Dans le silence du monde


Il s’éveille souvent le soir. Quand le monde s’endort et éteint ses lumières, il me dit que je suis seule, et je lui dis de se taire.

Il commence par un murmure, à peine le souffle d’un mot. Je le comprends à peine, mais connais son propos.

Alors, le son de la télé envahit la pièce, et dans la lumière bleue, j’attends qu’il disparaisse.

Quel espoir illusoire, que cette attente est vaine. Qui a jamais su ôter l’espoir de ses veines ?

Puis la nuit tombe, et ses mots retentissent dans l’espace, résonnant au rideau des étoiles, leurs improbables paroisses.

Il me parle d’un autre, d’un possible meilleur, où l’on a quatre bras, pour porter joies et malheurs.

Puis, moqueur, me renvoie en miroir, en plein visage l’absolue solitude, de mon cœur le pillard.

Il me dit que la vie est une danse, et qu’elle se fait à deux, que pour une misérable, la chandelle n'en vaut pas le jeu.

Il rit de mes attentes et rit de mes détresses, répète à qui veut l’entendre que je ne suis que faiblesse.

Qu’au ballet des amours, les plus fortes s’en sortent, les mendiantes maladroites y prennent plutôt la porte.

Alors que je m’endors, je l’implore de se taire, et demain peut-être, il partira à l’aurore, à son tour solitaire.

Pour une journée, une journée seulement, je m’amuserai à croire qu’il ne chantera plus ses tourments.

Je prendrai soin de cacher sa présence, compagnon invisible de chacun de mes pas, vous ne le verrez pas.

Il attendra le soir, et ses absences fécondes, pour résonner à nouveau dans le silence du monde.
 

lundi 24 juin 2013

Le trésor dans la boue


Il est très facile de renoncer. De s’auto descendre. De se mésestimer.

Parfois, on nous y aide volontiers.
Le plus difficile étant de renoncer à ce qu’il convient, et de sauvegarder l’essentiel. Ne pas mélanger les rôles.
Ce n’est pas parce qu’on accorde sa confiance et bien plus à une personne qui se révèlera ne pas en valoir la peine, qu’il faut renoncer à son estime de soi, à donner sa confiance à nouveau, à ouvrir encore son cœur comme un jardin, certes piétiné, lequel ne l’est pas, mais à l’ouvrir à nouveau malgré tout.
Bien-sûr ce n'est jamais facile et ce n'est certainement pas le premier de nos réflexes lorsque l'on nous fait du mal.
La première réaction étant de se refermer afin d'éviter à l'avenir toute souffrance. Erreur. Il faur croire qu'au bout de ce chemin de croix il y a quelque chose qui en vaut la peine, quelque chose qui nous fera dire "voilà pourquoi j'ai enduré tout ça". Sinon, pourquoi continuer ?
Non, ce à quoi il faut renoncer, c’est à la personne qui a saccagé le jardin et y a répandu la boue, pauvre aveugle du cœur.
C’est elle qu’il faut plaindre, parce qu’il est si triste de ne pouvoir s’épanouir qu’aux dépends de l’autre, si triste de ne savoir ni donner ni recevoir, si triste d'avoir le coeur sec, si triste de n'avoir à donner que l'indifférence et le mépris.
Hauts les cœurs et la tête, on relève le menton.
Rien n’est anodin, et de chaque évènement il faut garder le meilleur. Garder à l'esprit même dans les plus mauvais moments, lorsqu'on est tenté de renoncer à espérer, que l'on est quelqu'un de bien. Que chaque chose qui nous arrive, bien ou mal, nous rapproche de ce à quoi l'on aspire.

Ne pas se laisser empoisonner par le fiel et la morosité, c'est si facile et c'est donner tellement d'importance à quelqu'un qui n'en mérite pas. Ou pas de vous en tout cas.

Garder la légèreté, prendre du recul, accrocher des nuages au chagrin, à la déception, au découragement, à la lassitude, et les laisser s'envoler.
Le jardin fleurira de nouveau, plus fragile peut-être, mais plus riche.
Ceux qui le saccagent et y déversent la boue, ne savent pas que le lotus est une fleur dont les racines poussent dans la boue, et qu’elle en sort immaculée, jamais souillée.

 
On la surnomme « le trésor dans la boue ».

 

 

dimanche 23 juin 2013

Le voile des illusions


Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut voir.
Tout comme celui/celle qui veut voir ce qui n’existe pas, vous soutiendra mordicus que cela existe et est bel et bien réel.
On se crée la réalité qui nous arrange, celle qui nous permettra de supporter un peu mieux un quotidien dépourvu de l’étincelle qui nous manque. On la voit où elle n’est pas, on ne veut pas faire le constat de son absence.
On se ment à soi-même, comme si l’on pouvait se duper, tout en sachant au fond de soi ce qu’il en est réellement.
Que  de mouchoirs serait-on capables de poser sur une vérité qui ne nous plaît pas, combien d’œillères porterait-on pour que notre cœur batte encore un peu plus fort, quelques instants de plus.
Peu importent les paroles des « autres », qui nous jettent au visage la vérité. Leurs mots sortent de leur bouche pour mourir aussitôt dans un murmure qui n’atteindra jamais nos oreilles. Les pauvres, ils ne savent pas que ces mêmes mots sont déjà emprisonnés au fond de nous, bâillonnés.
Car si  dans la vie être le dupe d’un autre n’a rien d’agréable, qu’il est doux, l’espace d’un instant, d’être son propre illusionniste  et de croire à cette mascarade, sans penser que tôt ou tard, se lèvera le voile des illusions.