Il est des personnes, que l’on dit « lunaires ».
Vous en croisez sans doute, peut-être au quotidien.
Elles se prennent un lampadaire dans la tête, vont au travail
avec deux chaussures différentes, ont des mots écrits plein la paume des mains,
portent parfois leurs vêtements à l’envers, et semblent être ailleurs la
plupart du temps.
Elles se prennent un lampadaire dans la tête, vont au travail
avec deux chaussures différentes, ont des mots écrits plein la paume des mains,
portent parfois leurs vêtements à l’envers, et semblent être ailleurs la
plupart du temps.
Ne soyez pas trop durs avec elles, elles ne sont pas d’ici.
Elles habitent un ailleurs que vous avez connu il y a longtemps,
avant d’y renoncer, sans vous en rendre compte, comme s’efface lentement mais
irrémédiablement le plus ancien de nos souvenirs.
Elles ont pris un chemin de traverse, elles aussi sans s’en
rendre compte, pour éviter l’irrémédiable avec lequel vous composez chaque jour.
C’est une sortie de secours, une porte dérobée au-delà de
laquelle la vie est différente, qu’elles empruntent aussi facilement que vous
montez dans l’ascenseur.
Bien-sûr au risque d’être
mal jugées. Irresponsables, distantes, froides, timides, inintéressantes,
transparentes. Au risque de ne plus savoir composer avec vous parfois, et avec
le monde d’en bas.
Mais
quelle importance. Ce chemin de traverse n’est pas visible de tout un chacun et c'est tant mieux. Je
n’aimerais pas que tout le monde y accède, c’est là que j’habite.
Ma maison n’est pas celle que l’on croit.
Ma maison n’est pas celle que l’on croit.