Au creux de ses mains, je veux me reposer et lui confier, comme
après un sommeil sans fin, le premier de mes matins.
J’offre mes jours et j’offre mes nuits, ma première et ma dernière
pensée, du fond de mon cocon tissé j’offre celle que je suis comme celle que je serai.
A ses genoux ne vous y trompez pas, je m’élève et grandis, il
me voit comprenez-vous, d’une mesure que vous ne connaissez pas.
Ses mots d'homme ont l'inflexion d'une voix étrangère aux
paroles familières, et doucement mon cœur s'abandonne.
Sur le chemin où il me précède, dans ses pas je veux poser
les miens, à l’abri dans la sienne, ma main, heureuse qu’il me possède,
conscient de son bien.
Je me moque des feux de paille, des fausses lumières et des
mauvaises étoiles, je veux le perpétuel commencement, la confiance sans faille.
Je veux, à genoux sous le ciel, admirer mon étoile du Nord, et
dans ses yeux voir que je m’y reflète, plus que tout le reste, volontaire
prosternée à sa voûte céleste.
Je veux un phare dans mes tempêtes, la lumière dans mes nuits, être
l’accalmie de ses tourments, son repos après la quête.
Etre son refuge et sa source, sa force et sa faiblesse,
qu’il soit mon tout, mon absolu, le chant de toutes mes messes.
Aliénée de nos liens, prisonnière en toute
liberté, à d’autres chemins offerts je veux préférer la cage ouverte de ses mains.
Et quand nourri de ses espoirs et caressé de ses envies, le
cocon aura œuvré, de mes ailes déployées je veux à ses pieds me poser, pour que commence notre histoire, reddition
consentie.
