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mardi 15 septembre 2015

A chacun son sort

Elle pense, au milieu des passants, de leurs regards blancs, lointains,
Elle pense, cachée dans son silence, son ultime défense, à demain.
Demain elle ira encore, même si déjà, sa volonté frissonne,
Où mènent ses pas qui résonnent


Elle pleure, des larmes chrysanthèmes, et son visage blême, se noie,
Elle pleure, marchant parmi les ombres, au milieu des décombres, de sa joie.
Sa joie qui hier encore, éclaboussait, comme des milliers de bulles
Est morte alors qu'elle déambule

             Et peut-être la croisez-vous
            Quand au soir vous rentrez chez vous
            Main tendue, blessée, dans un dernier effort
             Mais déjà son visage s'efface
            Invisible pour les pantins de glace
            Cœurs perdus, fermés, et à chacun son sort

Elle marche, ballerine fragile, silhouette gracile, pâle,
Elle marche, comme on suivrait un fil, dans les rues qui défilent, sale.
De là haut demain encore, les poings serrés, le miroir des eaux
De la Seine comme un tombeau
           
            Et peut-être la verrez-vous
            Dans le soir, en rentrant chez vous
            Corps tendu, penchée, dans un ultime essor
            Mais qui pleure quand arrive l'automne
            La danse des feuilles qui tourbillonnent,
            Cœurs perdus, fermés, et à chacun son sort,
            Et à chacun son sort.


---  Ceci est une fable, s'il fallait le préciser  ---

vendredi 18 octobre 2013

L'aile et l'île


Elle était un océan tranquille, un océan sans île, sans île à qui offrir son eau. A perte de vue, nul rivage au sable blanc, auquel caresser les flancs de son ressac lancinant. Elle était une mer sans terre, sans terre à porter, un ventre vide sans aucune marée. Elle cherchait son île, celle qui la porterait, elle.

Il vivait dans un autre lieu, un autre temps où elle se disait aime, il parcourait lentement son chemin, pour finalement parvenir à faire peau neuve,  attendant le jour où il serait l’île d’une qui serait son elle, auprès de qui il serait L, pour braver ensemble les épreuves.

Des envolées ils en eurent pourtant, avant que l’écume d’elle ne rencontre son île, avant que son eau ne vienne s’offrir à ses plages exquises. Faux départs, mauvaises arrivées, chutes libres sans ailes, îlots aux amours infertiles, faut-il regretter ces voyages passés quand ils mènent à la terre promise.

Au détour d’un delta, le courant les fît se rencontrer. S’était-il assez amusé de les voir se chercher, ou lassé de les voir s’entêter, à leurs errances il mit un terme.  Nul ne sait lequel pris l’autre sous son aile, qui par l’autre fût sauvé,  l’île avait trouvé son elle, elle avait trouvé son il, un berceau de douceur pour l’île, et pour elle la terre ferme.

Elle s’allonge de toutes ses vagues au bord de son sable, s’étend et s’étire, offrant d’elle la douceur de ses flots. Du sommet de son île, de ses plus hautes cimes, il surplombe l’océan, ancré dans les profondeurs de ses abîmes, maître de ses eaux.

Et lorsqu’au soir couchant, le silence se fait, comme une respiration, on peut entendre au large de l’île un chant répéter doucement, L aime elle, elle aime L, douce rengaine portée par les vents, de leurs cœurs l’expiration.